Karenn // Chaste Down – E.P

4 janvier 2012 20 h 28 min

Karenn prénom d’origine latine, étymologiquement Carina, est pour beaucoup synonyme de beauté ombrageuse, versatile, discrète quoique dotée d’un sourire putassier et parfois même de mensurations oniriques… Pour d’autres, internautes plus assidus, il s’agit plus simplement de la fusion entre Jamie Roberts (Blawan) et Arthur Cayzer (Pariah), soient deux des membres les plus délurés de la prestigieuse fratrie R&S. Fins techniciens de la UK Bass, nos deux larrons, que l’on aurait aisément imaginés percutant de plein fouet l’écueil du simple ‘Pariah aux mélodies + Blawan aux percs’, nous gratifient pourtant d’une toute autre décoction.

Leur Chaste Down – E.P, première sortie sur Works The Long Night, leur propre label dépucelé à l’occasion, dévoile la vraie personnalité du duo. Catin callipyge et bicéphale peut être, mais surtout entité mutante, alliage bio-métallique d’une délicieuse complexité. Tout le génie de cet E.P est là, il tient au travail de production, au soin apporté aux sonorités et textures, proches de l’Indus – Noise mises en valeur par un BPM intelligemment ralenti. Bien que pesante, l’atmosphère que dégagent chacune des trois pépites de cet E.P n’en est pas moins une arme de choix face à un dancefloor exigeant. Karenn, du haut de son 3m60 cumulé, substitue l’efficacité rythmique à la rapidité du tempo, la profondeur des sons à la compression excessive.

Blawan et Pariah signent une coopération couillue qui ne craint pas d’être comparée aux mastodontes de la Techno allemande – Klock, Dettmann, Shed et autres affiliés de la sacro-sainte institution Ostgut Ton -, celle qui prend ses racines dans la Ruhr, celle qui a depuis bien longtemps enterré tout espoir de mélodie. Cette musique où l’organique n’est plus que poussière d’acier, insignifiante volute virevoltant au gré de vents belliqueux et chargés de plomb. Cette musique où l’on célèbre l’avènement du Vide orchestré, Léviathan à l’appétit gargantuesque vers lequel toute chose tend et par lequel tout se meurt.

Finalement, Karenn rend ici hommage à ses homologues teutons et à leur grosse bestiole affamée, le tout avec sobriété… Et peut être même une pointe d’insolence, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Une franche réussite donc, à assortir d’un « Fuckin’ A man » bien senti!

Karenn – Auflen Whip Get Adobe Flash player

Tracklist

1. Chaste Down
2. Auflen Whip
3. Lime Wash (Barelled)