Zomby, jeune homme dont on ne connait pas l’identité, est un artiste anglais emblématique de la renaissance Dubstep / Post Dubstep anglaise. A défaut d’être connu sous son vrai patronyme, l’homme mystère ne lésine pas sur la production et vient régulièrement rappeler que 8-Bit et Dubstep peuvent se résumer à autres chose qu’une poignée de wobbles overdrivés indéfiniment rabâchés, entrecoupés de bleeps futiles. Exemple type sur son Dedication – L.P sorti sur 4AD (tient donc) où il ne manque pas de fesser généreusement ses confrères atteints d’épilepsie wobblistique. Le Zomby en question, nihiliste patenté, se fout de tout et surtout de ses aïeuls dubsteppaz auxquels, en guise de révérence, il adresse un majeur fièrement dressé.
Zomby, orfèvre aux mains d’argent, cultive une musique épurée et concise. Il prouve une nouvelle fois qu’en réalité profondeur et longueur n’ont en commun qu’une rime fortuite. Oui, ses tracks sont courtes, très courtes (1’58″ pour la très agitée Sens) mais jamais dépourvues de profondeur, n’en déplaise à l’opinion commune!
L’E.P s’ouvre sur Labyrinth où Zomby, iconoclaste comme à son habitude, se joue d’un break jungle qu’il baffoue avec dextérité et malice. Break qu’il allie alternativement à des nappes aériennes et jungle basses. Introduction en clair obscure dont la seule finalité est d’égarer l’auditeur ce qui, soit dit au passage, fonctionne très bien! Puis se présente à nos tympans Digital Fractal, comptine 8-bit orpheline et nocturne, « belle comme des lumières sous la pluie »… La suite de l’Extended Play s’écoule comme les marres vermeilles dont Romero aime ponctuer ses films, avec sensualité et désolation. Mais ne vous y trompez pas, malmenés entre sonorités U.K. Bass ingénieusement dissimulées, beats Jungle et claviers 8-bit kaléidoscopiques, Nothing – E.P ne vous laissera aucun répit, non aucun!
Visite guidée de ruelles sombres et exigües, hangars en décrépitude, ruines évocatrices du temps des raves jungle Londoniennes d’où émane une profonde mélancolie. Faiseur d’éclipses lunaires, Zomby paisiblement prostré dans son T1 boisé, méprise les vivants, le temps qui passe et les tendances. Sa musique, à lui, est atemporelle. Elle réveille les morts et ferait des Catacombes la plus grande free party jamais organisée. Performance qui, ma foi, mérite bien que l’on affuble son auteur de la mention « Cadavre exquis »!
Tracklist
1. Labyrinth 2. Digital Fractal
3. Equinox
4. Sens
5. It Was All A Dream
6. Trapdoor
7. Ecstasy Versions
